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Marpa : Adishatz la radio qui leur parle


Pour une nouvelle fois, l’émission Adishatz, Radio entre Deux-mers ( 98,4 FM) s’est arrêtée à la Marpa de Duras, animée par le fidèle Alain Pierre, professeur d’Occitan, sur une idée de Béatrice Gibeaud l’animatrice.

Il sait qu’il trouvera encore en ce lieu, des résidents parlant l’Occitan ou le patois de chez nous. Même si cette langue belle, se perd petit à petit avec l’évolution de la vie et les années qui passent, Alain Pierre, n’a de cesse de la faire vivre et perdurer au cours de ses émissions diffusées les mardis de 18 h à 19 h et les samedis de 9 h à 10 h. Ils étaient une dizaine à s’être rassemblés autour de la table d’enregistrement, mais quatre ou cinq « téméraires » ont pris la parole. Ce satané temps qui passe trop vite, le mélange du français et de ce patois appris à l’école, s’efface peu à peu comme la mémoire. Mais les questions sur leur jeunesse, le temps de l’école, des vendanges, de leurs amours leur redonne le sourire :

Sovenirs del temps de l’escòla, de las vendémias, dels amors !

Les langues se délient alors, avec Yvette, Reine, et quelques messieurs plus timides pour parler de la morale à l’école, de l’apprentissage de la politesse, lever le béret au passage d’un adulte, de la propreté des mains, des petits coups de règle sur les doigts pour punition, les cheveux tirés, de la sévérité des « régents » ( instituteurs) jusqu’au Certificat d’Études. Lorsqu’ils rentraient à la maison c’était le patois qui reprenait le dessus. Personne n’a souffert de faim, la mère était à la cuisine, le potager fournissait légumes, la vigne quelques barriques, la basse-cour, les volailles, cuites à la ficelle à la cheminée, un porc ou deux tués dans l’année, sans oublier les délicieuses tourtières, dont la recette a été un peu oubliée, mais pas le bon goût de l’eau-de-vie sur le sucre! Les « Nadau » Noëls, n’offraient pas de jouets, mais des repas copieux en famille, de quatre ou cinq plats, la poule bouillie, la dinde, les confits, ( il n’y avait pas de congélateur) merveilles ou tourtières. A la question sur les « amours » le rose aux joues de ces dames apparut, et Alain Pierre en restât sur sa faim ! Car les parents surveillaient de très près les jeunes filles ou femmes en devenir. Les années de guerre sont plus sombres bien sûr, ils l’ont tous évoqué, mais les souvenirs d’enfance ont été les plus marquants.

Depuis les vedettes radiophoniques de l’après-midi ont repris le cours de leur vie, dans ce nid chaleureux de la Marpa de Duras.

Dany Blanc

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