LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: Saint-Pierre-sur-Dropt : La famille Ponte compte quatre générations de boulangers


Robert Ponte aurait aimé être forgeron, mais les circonstances ont fait qu’il a laissé la forge pour le four à pain. © Crédit photo : G. B.

Par Guy Brunetaud
Publié le 28/04/2021 à 11h06

Robert Ponte, qui approche des 96 ans, fait partie d’une longue lignée de boulangers. Son arrière-grand-père, son grand-père et son père ont été boulanger dans le bourg. Tout jeune, Robert Ponte désirait être forgeron. Mais le 3 septembre 1939, le père de Robert, Gérard est mobilisé et part à la guerre.

Deux alternatives se dessinent alors pour Robert qui devait embaucher chez un forgeron d’Allemans-du-Dropt. Son père Gérard dit à son fils Robert : « Où on ferme la boulangerie ou bien tu aides pour qu’elle poursuive son activité ». Et c’est ainsi que Robert fera partie de la quatrième génération de boulanger au village.

Adolescent, Robert aidait à couper le bois pour chauffer le four (12 bûches par jour). Les Allemands ayant envahi le pays, son père est démobilisé et reprend son activité de boulanger jusqu’en 1943, date à laquelle Robert Ponte prend la suite de son père, aidé d’un apprenti. La boulangerie prend de l’expansion avec les tournées dans la campagne environnante qu’effectue son épouse Arlette, sans oublier l’accueil de la clientèle au magasin.

Un pain renommé

Si au début il cuit le pain avec le four à bois, Robert investit dans de nouveaux matériels. Tous les jours sauf le dimanche, Robert Ponte est dans son fournil dès 2 heures du matin. Les journées sont longues, mais le pain est renommé car Robert travaille à l’ancienne avec du levain et des farines (95 quintaux par mois) qu’il laisse reposer trois semaines, des farines qui viennent des minoteries des environs.

En 1981, Robert se voit remettre par Jean François-Poncet le diplôme plaquette bronze de la confédération des boulangers de France. En 1982, Robert Ponte prend sa retraite à la suite de la maladie de son épouse et vend tout son matériel faute de repreneur.

Deux drames auront marqué la vie de Robert, le décès d’une de ses filles en 2015 et de son épouse en 2019. Il s’occupe encore aujourd’hui de son jardin, lit beaucoup de livres. Si adolescent Robert lisait « La Petite Gironde », maintenant il épluche quotidiennement le journal « Sud Ouest ».

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