LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: 2ème ÉPISODE, « QUE SUBTILS SONT LES ENTÊTEMENTS AMOUREUX » PAR RENÉ BLANC


René Blanc : Que subtils sont les entêtements amoureux 

2ème partie

Un jour que je travaillais au jardin, voilà qu’apparaît à mon étonnement, un Monsieur de notre jolie ville. 

« Je viens te faire une commission. Figures toi, que l’autre jour, je suis allé à Agen pour affaires et j’ai mangé dans un restaurant  « comme ca ! », avec des serveuses « comme ca !» fit- il en levant le pouce. Mais je ne sais ce que tu as fait à la patronne, elle en a plein la bouche de toi ! Si tu vas à Agen, seul ou avec ton épouse, elle t’invitera à une de ses tables. Elle sera très heureuse de te revoir. Elle s’appelle Jackie Zede. »

« La voir, pourquoi pas, dit mon épouse, tu m’as tant parlé d’elle »

« D’accord, un de ces jours nous irons à Agen ».

Ma fille aînée étant à l’Ecole Normale du chef-lieu, fut mise au courant de notre voyage et invitée, à venir manger avec nous. 

« Ho ! dit-elle, nous les filles n’allons pas manger dans cet hôtel restaurant, y vont seulement les hommes, parce moyennant finances, des dames prêtent les charmes de leur corps. »

« Et bien je n’irai pas dans établissement, je suis contre tous genres de prostitution ».

Ce fut sec et net, au détriment du plaisir de ma chère épouse qui souhaitait rencontre cette personne ! Puis trente ans vont passer, toujours en coup de vent…. 

C’est alors qu’avec l’âge avancé, l’idée me prit de raconter au nombreux public du château de Duras son histoire et celle du Pays. L’histoire bien contée est écoutée attentivement, mais pour bien capter davantage une foule importante, il faut l’imaginer et la fleurir de « couillonnnades » comme l’on dit dans notre bon patois, ce patois qui d’ailleurs disparaît comme fait le soleil au soir des hivers.

Et de citer en exemple : Dans le second puits du château une analyse de l’eau a permis de découvrir qu’elle contenait six degrés d’alcool. Cette chose bizarre est le fait de la coopérative des vins des Côtes de Duras qui jette ses marcs au milieu des terres. Leurs vertus pénètrent dans les sols, d’où le résultat cité plus haut !  

C’est ainsi également que la direction de notre monument a permis les visites de nuit en particulier l’accès de la grande tour. Surprise stupéfiante par temps calme, l’on apercevait très bien la statue de la Liberté à l’entrée du port de New York ! Lorsque j’écoutais les premiers guides des visites, il m’est arrivé d’entendre des choses surprenantes. Un monsieur pose la question à une guide chargée d’ans.

« Votre château me paraît très vieux ? Il doit dater du 14ème ? »

« Oh ! Monsieur répondit la dame, c’est bien plus vieux que ça, je l’ai toujours connu ! »

Je montrais également au public sidéré une porte «  Isoplane » datant du 18ème, ouvrage unique bien sûr. Dans le musée, l’on découvre  une cuve cubique, carrée du haut, carré du bas. C’est simple comme un bonjour, c’est pour empêcher le vin de tourner ! 

J’arrête ces anecdotes pour vous parler de la suite de la visite.  Un dimanche après midi, il y avait foule, et je fus religieusement écouté par une dame ayant de beaux restes de joliesse et qui me suivait pas à pas. On ne repousse pas une gente dame qui a l’air de vous prendre en considération ! En fin de visite,  elle était toujours là. Et une voix agréable me dit :

« Connaissez- vous monsieur RB ? »

« Madame, je couche tous les soirs avec lui, mais rien à voir avec les homosexuels ! Mais vous le connaissez Madame ? »

«  Oh ! Oui, et même bien aimé, il habitait au pied du château, près de la gare ». 

« Il reste toujours au même endroit,  il est marié, a deux enfants, Monsieur RB c’est moi ! »

« Et moi, je suis Jackie Zedè »

BAOUMMM ! La Foudre ! Deux corps qui s’embrassent à bouche que veux –tu,  et les souvenirs d’aller sans aucune retenue.

L’envie de revoir la maison des siens où j’avais vécu un temps me prit. Quatre fois il me fallut chercher pour enfin trouver ce lieu perdu au fond d’un vallon vert. Plus personne dans la maison close, mais rien n’avait changé. Un an après cette aventure, toujours en ce château se plante devant moi une femme bien mise qui me lance :

« Cette fois, tu me reconnais ? » Nouvelles embrassades puis : 

« Je suis allé là-bas où tu es née et a vécu et j’ai revu la maison »

« Tu es allé là bas ? Et les larmes aux yeux de me dire : »

« Que ne l’ai-je pas su ! Combien j’aurai été heureuse de revoir ce coin de terre où l’on s’était connu, le petit garage où étais la voiture sur cale… Te souviens-tu ? » 

Dans la soirée, je racontai toute l’histoire à ma très chère épouse. 

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