06 14 42 52 66

contact@objectifduras.com

LES PASSEURS DE MÉMOIRE DU PAYS DE DURAS: DU 2 FÉVRIER AU 3 MARS 1956, 1 MOIS DE CONFINEMENT DÛ À LA NEIGE


Confinement du 17 mars 2020

Voilà, nous y sommes ! Nous sommes confinés sur ordre du gouvernement. Le Président Macron a ordonné des restrictions de déplacement, le report du second tour des municipales, et la suspension des réformes législatives en cours. A compter de ce mardi 17 mars, il faut une attestation pour pouvoir se déplacer. Du jamais vu !!! Mais il faut savoir faire preuve de civisme. Il le faut, il le faut. 

Pour les baby boomers de l’immédiate après guerre, quelle surprise ! Les voilà catégorisés parmi les personnes à risque, à surveiller, et surtout les inviter à ne pas sortir. Ceux qui casaniers, ne souffriront pas trop de cette situation, sauront s’occuper par la lecture, les mots croisés pour certains, refaire une vielle recette de cuisine, ou ressortir les jeux de société. Pour parents avec enfants, la chose sera certainement plus difficile. Du jamais vu ? Finalement en y réfléchissant bien, les baby-boomers ont connu un confinement. Souvenez-vous : l’hiver 56 et son immense manteau de neige. 

Nous avions, 7,8 10 ans … Un matin du 2 février, ne pouvant ouvrir les volets, mon père se demandait bien ce qui coinçait. En fin à l’ouverture, ébahissement : Plus d’un mètre de neige devant la porte, et autant sur le pays de Duras. Les « vieux de ce temps » n’avaient jamais vu cela, ni entendu dire des leurs.  Cette tempête de neige, venue du levant, tomba en très grande abondance sur un sol fort gelé, ce qui la fera stagner sans broncher du 2 février au matin au 3 ou 4 mars suivant. Les « toupines » de confits, de porc, de volailles et lapins furent de nos repas, mais habitant dans la plaine, mon père du aller chercher le pain au bourg. 

Heureusement venait de naître un corps de sapeurs pompiers, ayant en lui de bons bricoleurs, qui à l’aide de fortes planches posées devant un tracteur,  réussirent à pousser cette neige sur les bas côtés des routes, ouvrant ainsi un passage à tous. C’était l’époque des livraisons de tabac en feuilles. Impossible de sortir bœufs et charrette pour le livrer au magasin près de chez nous. Un des agents de la SEITA fidèle à son service partit à pied de chez lui distant de 5 à6 kms, arriva au magasin totalement épuisé, lorsqu’il apprit qu’il n’aurait pas du se déranger, aucune livraison ne se ferait. 

Un paysage de Hautes Alpes s’admirait à perte de vue. Le grand silence qui régnait alentour, de jour comme de nuit, donnait des idées de premier jour du monde. Les oiseaux mourraient de faim, les nuits étaient polaires d’un bleu d’acier. Plus de journaux, plus de facteur, plus d’école, plus de médecins. Le bulletin météo  de la TSF de l’époque était d’un pessimisme d’encre. Nous jeunes enfants, profitions de ce nid douillet en famille, visiblement heureux. 

Début mars, une bouffée de chaleur balaya ce désastre en deux jours. Il resta beaucoup de vignes gelées, ainsi que la plupart des fruitiers, des emblavures et des prairies. L’on eu à déplorer la mort de deux ou trois vieillards. 

René et Dany Blanc 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :